Article du 27 avril 2000 réalisé par le "courrier international"

La nostalgie des années 70


24 Heures, Lausanne
La moue boudeuse et le regard las, (Damien) Saez n'offre pas de prime abord un excessif sentiment de gaieté. Calfeutré dans son pull en laine, le jeune homme de 22 ans nous reçoit après une très laconique interview pour un confrère, au cours de laquelle il a parcimonieusement commenté quelques titres de son premier album, Jours étranges, condensé de petits hits radiophoniques. Un album efficace, une gueule de jeune premier et, surtout, une attitude de constante rébellion qui, à défaut de toujours convaincre, suffit pour que le personnage excite notre curiosité.

A cheval entre rock indépendant et grosse machine commerciale, Saez cherche surtout à entretenir son statut d'artiste autonome : "Je n'ai pas d'agent, je m'occupe personnellement de mes affaires et tout se passe bien ainsi. Je ne suis pas affilié à une quelconque scène alternative, j'essaie de développer ma propre identité. Disons que j'apprécie le parcours de Noir Désir sous beaucoup de points de vue." Noir Désir, justement, Saez s'en est aussi inspiré pour sa musique, qui brasse avec quelque réussite les influences les plus évidentes du groupe bordelais. Des morceaux qui valsent entre la concision fébrile du rock made in France et la grandiloquence de certains titres "brit-pop". "Je suis très ouvert à ce qui se fait actuellement, mais mes principales influences se trouvent dans la musique des années 70. J'ai un respect absolu pour des songwriters comme Dylan, ou Brel en France. J'aime conserver à mes chansons des canevas qui leur permettent d'être interprétées avec une seule guitare acoustique."

Qu'il s'agisse de brûlots énergiques ou de compositions plus sobres et mélancoliques, Saez investit constamment dans des textes à prétention engagée, où l'énergie de la jeunesse est érigée en credo indiscutable. Avec le risque d'émousser l'acuité de ses propos au banal stéréotype des frustrations adolescentes : "La jeunesse des lycées a l'avantage d'être une source de révolte. Par rapport à l'immédiat après-68, on a connu une régression dans les rapports profs-élèves et un incroyable accroissement de la rigidité du système scolaire."

La misanthropie affichée par Saez se veut le reflet du monde où il évolue, mais peut-on vraiment s'offusquer des désastres de la mondialisation sauvage lorsqu'on est signé chez Universal Music ? "Je pense que les gens d'Universal me gardent parce qu'ils savent que je vais leur rapporter de l'argent. Mais moi, je les utilise comme une banque qui me prête les moyens pour promouvoir ma musique."
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 11 mars 2005 11:52

Le magazine "Rocksound"du mois d'avril

Saez, Etat de grâce

Presque cinq mois après la sortie de « Jours Etranges », Saez s'est peu à peu imposé dans le nouveau paysage rock français comme une sorte de brouilleur de cartes. Estimé pour ses chansons, le personnage agace ou séduit et ne déteste pas lui-même jouer le rôle du poil à gratter. En pleines répétitions de sa première tournée, nous sommes allés le retrouver pour un premier bilan et, aussi avouons-le, pour jauger un peu la bête. Verdict : Saez nous plaît de plus en plus.

Le public a l'air d'être extrêmement réceptif à « Jours Etranges » ton album, réactions ?
Je crois que ça rassure mon orgueil sur l'album. Pas nécessairement mon orgueil personnel, mais plus ma fierté sur les choses importantes. Surtout que pour l'instant ça se passe essentiellement par le bouche-à-oreille, par les points-écoute dans les magasins, ça veut donc dire que tout ça parle un peu aux gens. Et j'ai pu vérifier ça en show-cases puisque j'en ai donné quelques-uns uns ; il y a des villes où c'est assez surprenant...

Justement qui vient voir Saez en show-case ? Et pourquoi ?
C'est bizarre. Au début, c'était surtout des étudiants, et plus ça allait plus ça devenait des lycéens. Bon alors, qu'est-ce qu'ils disent ? Eh bien, je crois surtout qu'ils ont l'impression de retrouver des sonorités et des thèmes abordés qui correspondent à ce qu'ils écoutent à côté. Par exemple, dans chaque ville où on a joué, on a fait une reprise de Ben Harper et je me suis rendu compte qu'on avait le même public. Pareil pour Radiohead ou Smashing Pumpkins. Moi ça me satisfait puisque c'est ce que j'écoute (sourire) ! Finalement, il n'y a pas de hasard...

Et lorsqu'ils te parlent, c'est pour te dire quoi ?
D'abord, c'est spontané. D'autant plus qu'en show-case, comme il ne s'agit pas de vrais concerts, j'avais une attitude proche. Sinon, ils disent qu'ils aiment bien sûr, qu'ils se sentent proches des textes, qu'ils s'y reconnaissent, ce genre de choses...

Dans certaines lettres reçues au journal et te concernant, on retrouve les notions d'amitié, le fait que tu es perçu comme un « copain » potentiel ; ça te surprend ?
Non. Ca, c'est toi qui l'offres. Si tu n'as pas envie qu'on te parle, on ne te parle pas. C'est très simple. Mais il va de soi que si tu commence à instaurer le dialogue, à parler aux gens, à leur demander comment ils vont, etc. tu n'es plus perçu de la même manière, les gens te sentent plus proche. Sinon, si tu es froid et distant, les gens ne viennent pas et c'est juste normal.

Ca signifie que lors de tes «vrais concerts » à venir, tu vas jouer dans ce registre-là ?
Ca dépend. Je pense que lorsqu'on est dans un trip acoustique en show-case, c'est nécessaire, c'est un peu comme un feu de camp ; en revanche sur scène, en plus de la formation où l'on va être, ça ne sera pas le même délire du tout !

Il semblerait en effet qu'avec tes musiciens, la tonalité générale pour la scène soit encore plus grave et plus austère que le disque, c'est ça ?
Oui, je crois que c'est le cas. Au moment de l'enregistrement du disque, parce que, d'une certaine façon, on est allés à l'essentiel, il y avait plein de pistes qu'on n'avait pas exploitées... Si je devais refaire certaines choses, je pense qu'il y a déjà des choses que je zapperais et d'autres dans lesquelles je m'engagerais. Là par exemple, « Jours Etranges » sur scène, on va beaucoup plus entendre les samples, surtout au début, ça sera presque indus ; alors que sur le disque ça n'apparaissait pas du tout. Or, j'ai envie d'aller vers ce côté indus tout en conservant le côté mélodique qui, de toute façon, est là...

Ca fait quatre mois que ton disque est sorti, tu as déjà le sentiment que tu ne ferais plus les choses de la même façon ?
Oui, c'est clair. Ce qui ne signifie pas que je rejette ce qu'il y a sur le disque. Je trouve ça bien, même mais je le considère comme un instantané d'une certaine époque. Je pense que si j'appréciais toujours les chansons du disque telles quelles en me disant qu'elles sont parfaites, j'aurai des questions à me poser. Je crois que je les apprécie maintenant dans la nostalgie...

Qu'est ce qui provoque selon toi cette évolution ? L'air du temps ? Ce que tu as écouté entre temps ?
Non, pas ce que l'ai écouté. Mais tout est allé très très vite pour moi. Il y a un an tout juste je signais avec la maison de disques ; il y a eu l'enregistrement, la sortie, les répétitions pour la scène, tout est allé très vite. Dans ce laps de temps, il y a plein de choses que j'ai zappées, des trucs que j'ai fait dans l'urgence, sans me poser de questions, sans analyser quoi que ce soit. Des choses m'ont échappé. Aujourd'hui, je me pose plus la question de ce que j'aime, de ce qui me plaît en tenant compte de ce qui m'inspire le plus, l'éternité en évitant l'effet de mode. Parfois tu craques sur une sonorité et tu te dis : « Il me la faut ! » Quinze jours plus tard, tu as oublié, c'était un gadget. Alors, en ce moment, je suis dans cette phase de poser les choses, de prendre du recul. Et je me rends compte que si on avait eu plus de temps pour le disque, on aurait peut-être réussi à livrer un album plus mature, plus abouti... Cela dit, je ne sais pas si c'est ce qu'il faut ; s'il ne faut pas parfois justement graver des choses imparfaites ; des choses qui ont la franchise de la naïveté. Je crois que je tiens vachement à ça en fait...

Tu as eu beaucoup de réactions de la presse sur ton disque. Les commentaires on été justes ?
Il y a des trucs qui m'ont énervé pour être tout à fait franc (sourire) ! Des choses qui faisaient preuve de peu de culture et peu d'oreille. Des mecs qui se lâchent vraiment et pas pour l'idée de se lâcher mais pour régler des comptes. Comme si, moi, j'écrivais une chanson pour régler des comptes et en citant des noms ! ! Ce n'est pas fait pour ça. Chacun ses armes OK, mais il y a des fois où ça devient quand même très malsain. Moi, quand je lis : « Saez, le Balavoine de l'An 2000 qui ferait bien de faire son baptême de l'air ». Ce n'est pas l'allusion à Balavoine qui me gêne, c'est le « baptême de l'air » que je trouve de mauvais goût... Je pense juste que le type est un pauvre mec, point à la ligne.

Et ce genre d'attaque, ça te renforce dans ta conviction de musicien ou vraiment ça te blesse ?
Ca ne me blesse pas vraiment parce que si ça fait mal, ça fait mal pendant cinq minutes, pas plus. C'est simplement que derrière ce genre de choses, je sens une arrière-pensée pas saine. J'ai eu des chroniques pas valorisantes, dures mêmes, mais justes. Et je ne réclame pas autre chose. Je demande un peu de talent dans la critique si l'on peut dire, parce que si le fond est important, la forme l'est aussi... Quand, dans une critique, je trouve la formule « péché de naïveté » me concernant, ça ne me fait pas spécialement plaisir mais je comprends ce que la personne veut dire et je prends note, je l'assume. Mais quand quelqu'un, sans écouter, dit que « Rock'n'roll Star » est la copie de « un homme pressé » de Noir Désir, ça me fait chier !

A l'aune des réactions que tu suscites, on te voit t'acheminer vers le statut de « porte-parole de sa génération », ça te gave ?
Non, ça ne me gêne pas vraiment. Sauf si ça veut dire qu'il faut que j'ouvre ma gueule sur tout et n'importe quoi. Parler de ce que je connais, de la musique, de mon domaine, oui, pourquoi pas. En revanche, si ça veut dire qu'il faut avoir un avis sur tout, genre « Que pensez-vous du dernier film de Machin ? » ou « Faut-il interdire les pit-bulls ? » Qu'on ne compte pas sur moi, je m'en carre ! Les gens, notamment à la télé, me fatiguent de causer à propos de tout et de rien. En revanche, si le fait de t'exposer en tant qu'artiste te fait devenir une sorte de porte-parole, il faut assumer. Cobain était tout le temps en train de râler : « Je ne fais pas ma musique pour les minettes de quatorze ans ! » Ca me fait toujours chier qu'un artiste n'assume pas son statut auprès d'un public. Parce que si les minettes de quatorze ans se retrouvent dans ta musique, ben, il faut non seulement faire avec, mais clairement en être fier. De toute façon, tu as toujours ce que tu mérites.

On mérite qu'Alain Bashung vende sa chanson « Ma petite entreprise » à Citroën pour vendre des fourgonnettes et qu'il apparaisse dans la pub ?
Putain, j'ai le droit de dire ce que je pense vraiment ? C'est pathétique. Bon, ça ne m'empêchera pas d'aimer son prochain disque, mais tu te dis qu'il n'y a vraiment rien de sacré ! Et ça fait chier, c'est pour ça qu'il ne faut pas mélanger les genres. Et il faut faire ça pour soi, rien que pour soi. A un moment être suffisamment fier pour se dire : « Ma chanson, c'est pas un spot de pub. » On ne fait pas ça. Même pour dix millions. Ca fait trop chier de voir les Stones avec Microsoft et « Imagine » exploité par le Crédit Agricole. Parce que ça revient à nie le fond même de la chanson : « Imagine » maintenant, ça veut dire : « On vous a mis le doigt bien profond ! » C'est d'une tristesse... Putain, quand j'y pense, pour une voiture en plus. Toute la société de consommation que tu te prends d'un coup sur le coin de la gueule...
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 11 mars 2005 11:51

Article du 30 mars 2000 dans le quotidient "Libération"

En ces temps de Superfunk, Air et autres Micronauts, un jeune de 22 ans qui débarque avec sa voix séditieuse et ses guitares couillues a toutes les chances de passer inaperçu. A moins que son premier album - conçu, avec «beaucoup d'engueulades», en compagnie de l'ex-Opposition Marcus Bell et de Jean-Daniel Gloriosi - s'ouvre sur une forme de manifeste sardonique: Jeune et con. Qui dit entre autres ceci: «Puisqu'on est jeune et con/ Puisqu'ils sont vieux et fous/ Puisque des hommes crèvent sous les ponts/ Mais ce monde s'en fout... Mais je sais qu'on est quelques milliards à chercher l'amour.»

«Emotion picturale». De là, accueil critique partagé, mais programmations radio, clip en rotation sur les chaînes musicales et ventes qui décollent - on parle de 40 000 CD déjà écoulés. Pour un «anachronisme», Saez ne se porte pas trop mal et s'en prive d'autant moins pour l'ouvrir. «Ce qu'on appelle la French touch ne me touche pas, ne m'intéresse pas. Le domaine où je me sens le plus à l'aise est celui de l'émotion, presque picturale, qui permet de découvrir une société à travers les mots et d'y trouver sa place. Les bidouillages informatiques contribuent à l'évolution musicale, mais ils ne font pas avancer ma réflexion. Et puis, comment peut-on entrer dans cet univers électronique, lorsqu'on a passé autant de temps à jouer du piano (dix ans de conservatoire et un diplôme à la clé, ndlr.), qui est l'instrument classique et complet par excellence ? »
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 11 mars 2005 11:50

Article paru dans le magazine BEST n°8 ( novembre 99) *Jeune... Pas con....*

A l'aube de transformer sa thérapie chronique, l'enregistrement de son premier album studio « jours étranges », en thérapie aiguë (la scène), Damien Saez révèle ses talents à vingt-deux printemps comme une anomalie dans le paysage musical français .Sa sensibilité fortement indépendante lutte contre l'archaïsme de l'enseignement classique qu'il a reçu, et l'acuité de ses visions le projette, malgré lui, tête de file d'une génération réaliste .Il chante « jeune et con » ou « j'veux m'en aller » , mais en dépit de ses allures discrètes et fragiles , Saez pourrait bien être un « empêcheur de finir ce siècle médiocrement ».

La manie des biographes c'est de chercher la fine anecdote qui rend l'artiste formidable, tellement hors du commun .Inévitablement, le meilleur moyen de « vendre » un musicien de formation classique, c'est d'insister sur ses diplômes .Avec Damien Saez , sur ce terrain c'est mal engagé . « Je ne tiens pas vraiment à ce que le conservatoire soit mis en avant .Je respecte énormément cette expérience , mais ce n'est pas moi .J'ai fait du piano classique pendant longtemps et ça m'a aidé .On a beau dire : l'harmonie, l'oreille, le solfège en musique c'est utile. Mais le conservatoire c'est l'absence d'encouragement à l'individualité .Au bout d'un moment il est usant d 'entendre que l'on est voué à rester enterré sous le poids des génies qui sont passés .Après chacun son caractère .Cela ne me convenait plus parce que je trouvais ça aberrant qu'il n'y ait aucune place à la composition .Tout comme en lettres , il n'existe aucune liberté pour l'écriture .On apprend mais on ne fait rien. »
Damien cultive donc sa personnalité très jeune, en parallèle .Une sorte de lutte auto didactique . « c'est exactement cela, une lutte . Je me souviens que cette prise de conscience remonte à mes 15 ans, en seconde .La musique , le chant, l'écriture, tout est venu en même temps .Pourtant je n'étais pas brillant en français .Et puis , en classe de première, je suis tombé sur un excellent prof et j'ai énormément accroché .Sur le plan privé ,j'ai un beau-père très intelligent et cultivé .Durant tout le lycée , je passais énormément de soirées , à raisons de deux à trois par semaine, et je discutais avec lui jusqu'à trois, quatre heures du matin d'autres choses.Ca m'a aidé. »
Au fur et à mesure que la conversation s'installe, Damien Saez ne baisse pas sa garde .Fragilité ?Réserve ?Timidité ?Paradoxalement, il étonne par son aplomb à vouloir mener une carrière de liberté, avec un principe du »à prendre ou à laisser ».C'est tellement atypique de nos jours L'image de William Sheller , dans un bureau attenant, rappelle pourtant que la formule n'est pas nouvelle ...
« C'est étrange que tu parles de lui, car Sheller est la personne qui m'a « aidé ».J'ai fait appel à un agent pour démarcher et Sheller a vraiment poussé .Il a flashé à un état de maquette très peu avancé .Lui, c'est un cas .Contrairement à ce que j'ai pu constater, je n'ai pas eu de concession à faire non plus .Même face à une multinationale , j'arrive à mon âge avec une envie, des désirs , une expression...et on m'a laissé tout faire .Ce n'est pas pour tout le monde pareil Il doit y avoir une question d'identité .Les responsables doivent sentir si la personnalité du musicien est suffisamment forte pour assumer et qu'on lui accorde confiance. La démarche est un peu la même que Sheller .Chacun son métier .Moi, je ne vais donner aucune leçon de marketing à personne .Je fais simplement extrêmement attention à l'image .C'est trop trompeur .J'ai peur qu'elle m'échappe .C'est d'ailleurs la raison pour laquelle on ne voit pas ma gueule sur la pochette .Je suis méfiant. »
Son album laisse un goût partagé entre espoir et désillusion...
« C'est un peu des deux .Je ne pense pas être foncièrement pessimiste .C'est un album réaliste .Enragé .Il y a tout le temps un cri .Il y est pas mal question de mort, mais toujours avec une lumière en perspective .Un sursaut .Je suis combatif contre l'injustice .Je trouve anormal qu'en France il y ait encore des questions d'intolérance, qu'à Nice il y ait des lois qui interdisent les regroupements dans la rue...On est en France bon sang !Tellement de gens n'en parlent pas. »
Un jugement précoce qui s'adresse certainement à une génération particulière ... « A la génération qui a mon âge et qui appartient essentiellement aux années 90 .Je suis né dans le sud .J'y ai passé mon enfance, puis j'ai fait mon collège et mon lycée à Dijon .J'ai été confronté à une multitude de constats, que ce soit à Marseille , dans les Alpes ou à Dijon .Je suis fils d'immigrés . J'ai vécu le paradoxe des banlieues où je vivais et l'éducation beaucoup plus bourgeoise des établissements où j 'étudiais .J'ai vu les deux aspects par rapport aux jeunes de mon âge .J'ai vu des fils d'avocats qui n'étaient pas bien dans leur tête. »
Pour Damien Saez , le fait de chanter en français une musique de sensibilité rock n'est pas antinomique .De qui se réclame-t-il ? « Dans l'expression française , Brel m'est le plus cher .On pourrait penser que c'est un cliché, mais pour l'émotion et l'impression de lire Zola ou Balzac. « C'est gens-là » , « Les vieux » ,ce sont des chansons réalistes .Des tableaux . Brassens aussi mais pas pour les mêmes raisons .Sa maîtrise de la langue, un laborieux qui ne se cantonnait pas à la facilité .En rock, ce sont des repères différents et des expressions différentes . Je suis touché par les DOORS, par la manière dont se dévoile Morrison »
Aujourd'hui , avec la découverte des médias Damien Saez fait son apprentissage des comparaisons plus ou moins tolérables. « Tout à l'heure , quelqu'un m'a comparé à Noir Désir .Je n'ai jamais écouté Noir Désir de ma vie .Je ne connais pas...à l'exception de quelques singles diffusés en radio .Evidemment tout ce qui nous passe par les oreilles nous influence, quoique ce qui marche en radio en devient irritant .Dans ma démarche , écouter les autres n'est pas une nécessité .Au contraire même .Je fais plus confiance aux ambiances de ce qu'on vit au moment de la création d'un album .Je suis beaucoup plus sélectif désormais .Par périodes .Voilà longtemps que je n'écoute plus grand chose »
Parmi les grands apprentissages de la scène pour laquelle il répète avec ses partenaires (Marcus Bell ,ex-THE OPPOSITION, et Jean-Daniel Glorioso, tous deux impliqués dans la réalisation de « jours étranges »), Damien a connu l'aventure en solitaire, à Nîmes, en ouverture de MASSIVE ATTACK.
« Je suis apparu seul, en acoustique .Une chanson ,si elle fonctionne, est adaptable sur tous les instruments .Le plaisir fut d'assumer la première partie d'un groupe qui n'est pas du même style , sans me faire huer et que les gens viennent me voir pour me féliciter ensuite .C'est peut-être tout simplement la portée des mots ? ».
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 11 mars 2005 11:49

Paroles de Saez

"Si la grâce avait un nom
Elle porterait le tien"

"Si l'amour est un temple
Toi tu seras ma religion"

"Il n'y a plus de rêves pour
notre putain de génération"

"Le Monde Pleure Mais Gardez Le Sourire"

"Le jour de la fin du monde on sera tous devant notre poste de télévision au lieu de regarder les étoiles"

"We don't need anything else but love to light the way"

"Au royaume des aveugles les borgnes sont les rois"

"L'union fait la force mais qui ferat l'union ?"

"Usé par un monde qu'on ne comprends plus, qu'on a jamais compris, mais qui continu à tourner encore, à tourner toujours plus, a faire tourner la tête à nos âmes perdues"

"Qu'ils sont beaux d'innocence et qu'ils sont beaux d'espoir
Qu'ils sont beaux de jeunesse, qu'ils sont tristes d'y croire"

"Rien ne sert de courir
Tu sais bien mon amour
Que nos larmes sont vaines
Et que le seule chose qui fait battre leur coeur
C'est l'argent et la haine"

# Posté le jeudi 10 mars 2005 16:05

Modifié le vendredi 11 mars 2005 11:24