Interview de "Jeune à Paris"du mois de janvier 2000

Quand tu parles de ton album, tu le qualifies de voyage. Pourquoi ?
Ce disque, c'est un voyage entre moi et moi. Comme un accouchement un peu plus difficile que les autres. Il concrétise toute une somme de fantasmes. A l'arrivée, la réalité n'a rien à voir avec ce que j'imaginais. Un peu comme lorsqu'on met les pieds pour la première fois dans un pays...
On te sent pas totalement satisfait du résultat...
Faux. L'album sonne plutôt bien, même si j'ai quelques regrets sur certaines orchestrations ou maquettes que l'on a abandonnées en route. Il est plus divers que ce que j'espérais faire. Et puis, c'est le papa du prochain. Le voyage continue...

Tu n'aimes apparemment pas t'attarder sur ta formation de pianiste classique...
Je suis effectivement diplômé du conservatoire. La connaissance est là. Mais ce n'est pas ce qui ressort de l'album. L'oreille due au solfège peut rapidement devenir un inconvénient. Celui de ne plus oser dans le non-mélodique. Heureusement, mon batteur Marcus Bell et mon guitariste Jean-Daniel Glorioso m'apportent la spontanéité nécessaire.


D'où te vient ce goût prononcé pour l'écriture ?
Je m'y suis mis à 16 ans. En première, j'ai eu un excellent prof, le genre de personne qui te fait aimer les mots. J'ai commencé à apprécier les textes et écrire tous les jours des lettres ou des chansons. Ecrire est un véritable accomplissement de soi. Tu peux tout exprimer par la plume. Désormais, je ne passe plus une journée sans une ligne...

Tes textes sont empreints d'un certain pessimisme. Saez est-il un romantique torturé ?
Ce n'est pas une expression que j'aime à la base. Si c'est vraiment ce qui ressort de mes textes, je préfère le mot mélancolique. Dans la vie, il est vrai que je suis quelqu'un de pessimiste. Mes yeux s'attardent toujours sur le moir, c'est maladif. Même dans le beau, je trouve de la tristesse.

La presse compare régulièrement ton style à celui de Noir Désir, assumes-tu ?
Je n'ai jamais écouté Noir Désir, hormis les singles diffusés en radio. J'étais plus branché Mano Negra ou Mano Solo. Mes potes qui connaissent bien ne m'ont jamais fait la remarque. Nous ne parlons pas de la même chose avec Noir Désir. Le seul point commun, c'est que nous faisons du rock tous les deux.

Quel souvenir gardes-tu de ta première scène ?
Ca se passait aux Arènes de Nîmes. Je jouais acoustique, en première partie de Massive Attack. Les gens n'étaient pas venus pour moi. J'y suis allé et je l'ai fait sans vraiment me rendre compte. Finalement, l'accueil a été bon. C'était grand. Le genre de truc qui te donne envie de remettre ça...
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# Posté le vendredi 11 mars 2005 11:59

Aarticle parut "Dans elle"

A 23 ans, on ose espérer être sorti des années lycées. Mais Damien Saez , pas du tout. "l'adolescence est une charnière dans l'existence, le temps de tous les possibles. "jours étranges" est né à l'instar d'un journal ado", précise t'il.Un premier album formidable à la fois nostalgique et inquiétant. On sent les influences de Léonard Cohen "que j'ai découvert il y a un an seulement" et de Bob Dylan, évidemment. Vous l'avez saisi , les musiques électroniques ne le branchent pas. Ayant grandi avec les paroles de Brel, Brassens, Ferré, l'écriture est essentielle aux yeux de Damien saez. La scène un peu moins "je préfère une bonne cave, ou un studio d'enregistrement à une foule en délire. L'exhibitionnisme de certains artistes en mal d'ego ne me concerne pas", ajoute t'il. Pour preuve, essayez de trouver son visage sur la pochette de l'album. Bonne chance! Idem pour son clip, où il planque sa tête sous un bonnet. 2001 s'annonce comme un grand cru Saez :un long métrage en tant que réalisateur, un livre et déjà un nouvel album. A suivre...Ce p'tit là a quelque chose et il en veut.
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# Posté le vendredi 11 mars 2005 11:57

Saez a participé à l'émission "Nulle part ailleurs" le 09/06/00

D'emblée, on reconnaîtra au Français Damien Saez une bonne dose de courage et de ténacité. A son âge, il aurait pu prendre en marche le train de la musique électronique et se perdre dans la foule sans que personne ne lui demande son billet. Au contraire, il a opté pour la singularité en s'exposant, lui et ses doutes. Ce premier album ressemble à une mise à nu : sans aucune coquetterie, Saez y dévoile ses états d'âme. Par l'intermédiaire d'un rock à fleur de peau parfois naïf mais souvent touchant, il nous donne sa propre vision du monde, pessimiste, dure à encaisser. Entre le cruel Jeune et con - le tube de l'album - et la poésie sauvage de Sauver cette étoile, le jeune chanteur se montre parfois défaitiste mais n'apparaît jamais résigné. "J'veux m'en aller / Mais je veux pas crever / Dans cette inhumanité ", clame-t-il sur J'veux m'en aller. Même si, selon lui, la vie prend la forme d'un combat fortement inégal, Saez préfère continuer à lutter. Pour rendre intense ses textes, ce petit frère de Noir Désir - en plus révolté - et fan évident de Radiohead, a choisi l'énergie des guitares, le fracas grunge. Ecouter Jours étranges revient souvent à recevoir sur les épaules une chape de plomb : Saez n'est pas là pour rire ou plaisanter, il préfère frapper fort, utiliser les mots qui font mal. Pourtant, en une seule occasion, l'ambiance gagnera en légèreté. En fin de parcours, Saez se permet un petit plaisir : revisiter le standard jazz My funny Valentine, mince rayon de lumière d'un album sombre mais prenant.
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# Posté le vendredi 11 mars 2005 11:56

Article parut dans "Femme Actuelle" d'avril 2000

Damien Saez, un rebelle de talent

Auteur, compositeur,pianiste et guitariste, Damien Saez signe avec Jours étranges un premier album prometteur.
Son style?Entre rock et variété, sur fond de révolte post-adolescente. "La jeunesse et l'argent, ça ne va pas enssemble,
c'est pas bon. Plutôt que de claquer son fric en boîte, mieux vaut refaire le monde sur un banc d'abribus." Si ça rebellion
est sincère, ce beau-gosse de 22 ans, l'exprime dans des conditions luxueuses. Pris en main par la manageuse de Zazie,
il a pu passer sept mois en studio pour enregistrer son disque avec de prestigieux ingenieur du son."Quand j'ai vu la facture,
j'ai halluciné. Mais vu ce que les maisons de disques peuvent gagné si ça marche,il n'y a pas de quoi culpabiliser.
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# Posté le vendredi 11 mars 2005 11:54

Article du site "Top 50 on line"

La revanche des jeunes cons...
Il est beau, jeune et... loin d'être con. Et ça rapporte! Devenu en deux temps trois mouvements l'un des meilleurs partis du rock français auprès de Noir Désir ou Louise Attaque, ce jeune éphèbe au regard ténébreux, signe l'un des disques pop les plus bouleversants et controversés de la rentrée. Cristallisant toutes les principales tendances du rock sous un doigté habile et personnel, cette nouvelle tête de file d'une génération réaliste évoque, au fil de Jours Etranges, les affres d'un millénaire en pleine implosion, dans un manifeste qui alterne révolte, poésie et humour corrosif


Sorti de l'anonymat à l'âge de 22 ans grâce à un coup de maître que certains ne manqueront pas de prendre dans la gueule, ce jeune insoumis, insolent, teigneux (mais avant tout rebelle et tourmenté), jette sa pierre dans le paysage musical français à coups d'hymnes fédérateurs qui font plutôt figure de pavés contre le conformisme. Injectant toute ses illusions perdues dans un son d'un rock nerveux et sombre, le jeune dijonnais noie, derrière des guitares fougueuses et des mots affûtés comme des lames de rasoir, une insatisfaction miroir de toute une génération. Inspiré par Brel, Brassens, Ferré ou Ferrat, mais aussi par Bono (du groupe U2), il a gardé de sa naissance en pleine gloire punk, le goût de l'outrage et de l'appel à la révolte. Surréaliste comme Jim Morrison, il lui a même emprunté le titre de son album. Son carnet de bord d'adolescence , musicalement proche de Radiohead et de U2, a été nourri par ses modestes origines de fils d'immigrés habitant la banlieue. Il doit sa sensibilité farouche à sa lutte contre l'archaïsme de l'enseignement classique qu'il a reçu au conservatoire de Dijon.

Car cet ex-pensionnaire de conservatoire a décidé, dès son plus jeune âge, de remettre les pendules Around The Clock pour aborder des sujets tels que la violence, les guerres civiles en Algérie ou en Yougoslavie, la misère et la drogue, sur fond de pop rock à l'anglo-saxonne. Soleils lyriques et noirs passent à l'horizon: Jeune et con, qui démarre comme le Supersonic d'Oasis crache une rage noire contre la planète France. Sauver cette étoile, très inspiré par le dernier Noir Désir, est une vision déchirante de sa jeunesse mélancolique. Crépuscule et Jours étranges rôdent dangereusement autour du suicide... Jeans troués, tignasse et regard sombres, Saez met ses textes et sa dégaine très Johnny Depp en conformité avec ses paroles, pour vilipender le star system Rock'n'roll Star et déclamer le mal-être adolescent J'veux m'en aller prône la fuite en avant vers un Soleil 2000. Les deux derniers titres, dont un Petit prince qui surprendrait St Exupéry, sont des ballades mélancoliques, d'une douceur rarement atteinte par les chanteurs de Rock. L'album contient, à parts égales, sa dose de tendresse et sa dose de rage...

Aux frontières de la musique individuelle et du groupe communautaire, cette nouvelle vague rock, déjà à l'origine d'un véritable raz de marée qui a dépassé les 50 000 ventes, a permis de faire sortir de l'ombre la voix de Damien Saez et la richesse de ses compositions. L'album puise sa force dans une solide collaboration entre Damien le chanteur du groupe, Marcus Bell, guitariste et Jean Daniel Glorioso, batteur, tous deux co-compositeurs de trois des titres de l'album.

Sans masque ni fausse pudeur, avec juste ce qu'il faut d'arrogance et de naïveté pour être pris au sérieux, étonnant de maturité et d'investissement personnel, ce nouveau poète des banlieues tout droit sorti de l'écurie Island, possède définitivement tous les ingrédients pour faire l'unanimité de la jeunesse et se hisser à la tête d'une scène Bleu Blanc Rock.
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# Posté le vendredi 11 mars 2005 11:53